La page blanche

Assise sur le sofa, ordinateur à bout de bras, l'envie d'écrire paralyse mon être.
Enjouée, je me précipite sur les touches de ce clavier qui me fait des yeux depuis et décide d'écrire ce qui me vient à l'esprit,
Sauf que très vite je réalise que cette fois sera différente des autres,
Aucune pensée ne m'habite, ce soir tout est noir,
J'essaye de refaire le film de ma semaine dans mon esprit, avec l'espoir de dénicher une scène suffisamment intéressante pour en faire un texte,
J'ai beau essayer, mon cerveau s'y refuse.
Il n'y a rien de plus frustrant, pertubant ... Alors je m'obstine !
Comment est-ce possible ? Il y a tellement de choses sur lesquelles s'offusquer, s'interroger, s'émerveiller dans ce monde que je n'en reviens presque pas d'en être là.
Le syndrome de la page blanche, peut-être ?
Je fais la sourde oreille, mon égo entre en scène.
Je dois écrire. Oui, je dois écrire pour moi, pour mon esprit, pour ma tête, pour mon cœur ... pour moi !
La douleur est réelle, je suis en apnée, je suffoque.
Besoin urgent de faire chanter les mots, mes mots.
Ma page immaculée et triste pleure avec moi.
C'est le moral en berne que je me lève et laisse mon ordinateur gésir sur le fameux sofa, lui le seul témoin de mon désarroi.
Des jours, des nuits se sont écoulés,
Mon désir d'écrire s'est avec le temps transformé en rage.
Du mieux que j'ai pu, j'ai évité tout contact avec cet ordinateur car l'obsession n'aide que rarement.
Vint le jour où je me suis dit que faire face est probablement la meilleure action.
Soudain, je bondis de mon lit et d'un geste brusque j'attrape mon ordinateur,
Pendant que je le mets en marche, j'ai cette petite voix qui m'incite au calme,
Je l'entends, je l'écoute ...
C'est ainsi que je me surprends à écrire sur mon incapacité à écrire. L'inattendu !
Ce jour-là, j'ai compris que l'essentiel n'est pas d'aborder les sujets les plus piquants, les plus actuels, les plus intéressants pour satisfaire l'opinion,
L'essentiel c'est de faire parler son cœur,
L'essentiel c'est que l'on puisse voir à travers tes mots une part de toi.
Je cherchais peut être trop loin et pas assez près.
Léonard De Vinci disait " la simplicité est la sophistication suprême ".
A tous les passionnés, tout art confondu, en cas de coup de mou aérez-vous l'esprit et laissez parler votre part de simplicité en regardant à l'intérieur de vous. Faire fi du vacarme de la société et se recentrer sur ce qu'il y a de plus simple et plus près de nous est toujours la meilleure option.


Commentaires

  1. Waouh
    J'adore ta façon d'écrire

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  2. Sublime ! Je savoure ce morceau qui sort de ton tréfonds...dans un français top ! Je vais partager ça,avec un auteur international de littérature qui est en train d écrire un livre et me parle souvent de ce genre de vide manque d inspiration aussi ...Bisous Ta number One du Fan club Tâta Paulette !

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