Le déni
"Il faut savoir choisir ses combats" dit-on souvent.
Cette phrase est sans doute vraie, mais encore.
Que se passe t-il lorsque les combats, eux, nous choisissent ?
Que se passe t-il quand on se sent happé par une cause et qu'on a pas autre choix que s'y soumettre et cesser de lutter à contre courant ?
La lutte pour la cause des femmes.
Hier encore j'étais dans le déni.
L'idée d’être identifiée à un groupe, un clan m'agaçait fortement.
Je ne souhaitais pas être assimilée à quoi que ce soit sans mon accord.
Alors je niais, je réduisais au silence mes cris et mes incompréhensions.
Des fuites il y en a sans doute eu lorsque j'approchais l'incontinence.
Des mots s'échappaient, des mimiques, des soupirs ...
Ces moments de relâche n'étaient heureusement pas remarqués par tous.
Seul mon entourage proche le voyait et me plaquait la réalité sous le nez en me disant :
"Tu ne serais pas féministe toi par hasard ?"
Le mot était lâché : "féministe".
A ce moment-là, je bafouillais maladroitement un "non" qui sonnait désespérément l'inverse.
A ce moment-là, je bafouillais maladroitement un "non" qui sonnait désespérément l'inverse.
J'usais d'interminables tirades dans lesquelles je me justifiais sans grande conviction en extirpant de mon vocabulaire tout ce qu'on pourrait y voir de militant.
Qu'y avait-il donc de si odieux à être féministe ?
Je me suis posée la question à répétition sans parvenir à le dire clairement.
Puis, vint le jour où tout me tomba sur la tête.
Le féminisme avait pour moi une coloration péjorative.
Je les trouvais hystériques et paranoïaques ces femmes remplies de zèle.
Aussi, j'avais le sentiment qu'elles se donnaient un genre : se mettre en marge pour mieux être vues.
Autant de considérations qui confortaient mon envie de me désolidariser de cette cause.
Autant je pensais toutes ces choses, autant je continuais à m'interroger sur la provenance de telles idées dans mon esprit.
C'est alors qu'un soir, affaiblie par la résistance que je m'imposais, je décidai de faire une introspection.
Ce moment de vérité lorsqu'on est seul face à soi, face à sa conscience et qu'on a pas d'autres choix que de lâcher prise.
Je finis par m'apercevoir que le féminisme me faisait peur.
Peur car j'avais du mal à mettre la distance nécessaire entre la cause défendue et, moi, ma sensibilité.
Je rêvais d'un militantisme rationnel, dosé, maîtrisé.
Contrairement à cela, j'étais passionnée, écorchée par tous cas d'injustices faites aux femmes, à fleur de peau.
J'avais honte d'autant d'amateurisme.
Alors je fuyais pour échapper à ce trop plein de moi.
Aujourd'hui, j'apprends à laisser parler mes convictions ;
J'apprends à apprivoiser mes excès;
J'apprends à accepter et à laisser éclore ce qui me met en ébullition à l'intérieur ;
Parce qu'on ne saurait vivre une vie entière dictée par la retenue et le politiquement correct.
Qu'y avait-il donc de si odieux à être féministe ?
Je me suis posée la question à répétition sans parvenir à le dire clairement.
Puis, vint le jour où tout me tomba sur la tête.
Le féminisme avait pour moi une coloration péjorative.
Je les trouvais hystériques et paranoïaques ces femmes remplies de zèle.
Aussi, j'avais le sentiment qu'elles se donnaient un genre : se mettre en marge pour mieux être vues.
Autant de considérations qui confortaient mon envie de me désolidariser de cette cause.
Autant je pensais toutes ces choses, autant je continuais à m'interroger sur la provenance de telles idées dans mon esprit.
C'est alors qu'un soir, affaiblie par la résistance que je m'imposais, je décidai de faire une introspection.
Ce moment de vérité lorsqu'on est seul face à soi, face à sa conscience et qu'on a pas d'autres choix que de lâcher prise.
Je finis par m'apercevoir que le féminisme me faisait peur.
Peur car j'avais du mal à mettre la distance nécessaire entre la cause défendue et, moi, ma sensibilité.
Je rêvais d'un militantisme rationnel, dosé, maîtrisé.
Contrairement à cela, j'étais passionnée, écorchée par tous cas d'injustices faites aux femmes, à fleur de peau.
J'avais honte d'autant d'amateurisme.
Alors je fuyais pour échapper à ce trop plein de moi.
Aujourd'hui, j'apprends à laisser parler mes convictions ;
J'apprends à apprivoiser mes excès;
J'apprends à accepter et à laisser éclore ce qui me met en ébullition à l'intérieur ;
Parce qu'on ne saurait vivre une vie entière dictée par la retenue et le politiquement correct.

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