Les mots, mes intimes...

Aujourd'hui, cela fait exactement un an et quatre mois que je me prête au jeu de l'écriture aux yeux du monde. 
Des textes portant entre autres sur des faits de société, publiés dans la plus grande irrégularité.

Celle-ci est justifiée par le fait que je ne parviens pas à écrire par devoir; car, agir ainsi reviendrait à annihiler tout plaisir, tout désir voué à cet art qui me révèle à moi-même et m'emplit de vie.

Planer pour aller cueillir délicatement des fleurs suspendues dans les airs, telle est l'idée que j'ai de l'écriture.
Etre plongée dans le silence complet, balader ses doigts avec délicatesse sur un clavier et laisser son esprit valser au rythme de ses envies.

Autant cette sensation me met en émoi et me fait réaliser que la perfection réside dans de simples instants, autant il m'arrive de craindre ces moments-là.

Car, je remarque avec le temps que je m'écris plus que je n'écris. Je retrouve trop de moi dans mes jets, je parais trop, j'existe trop; j'ai une facilité à m'y livrer, à y dire ma joie, à y dire ma peine.

Une écriture narcissique, qui en veut ? Personne sans doute.

C'est ainsi que je décidai de palier à cela en m'éteignant, en me niant. Je pris l'engagement d'écrire sans plus regarder au-dedans de moi, telle une automate. Ce serait sans doute mieux ainsi.

En réalité, j'avais surtout la sensation de m'exhiber.

Comment vous dire que lorsque dans la vie de tous les jours on a du mal à parler de soi, qu'on s'y refuse presque; et qu'à côté de cela on y parvient uniquement lorsqu'on est face à une page blanche - l'exutoire tant cherché - la frayeur survient parfois ?

Après avoir essayé de défier les lois de la nature en vain, j'ai fini par admettre qu'écrire pour moi n'est pas qu'un simple passe-temps dont je peux me défaire sans risquer de m'étioler.

Les esprits mal tournés y verront de la prétention. Vous n'y êtes pas. 

Au-delà d'une passion, une cure.

Une page blanche écoute avec grande attention, ne se précipite pas dans le jugement.
Elle ne ressent pas le besoin de donner son avis, car celui-ci n'est pas attendu.
Elle vit par nous et à travers elle on vit.

Désormais je sais que même si je le voulais, je ne pourrais taire mon Moi dans mes écrits.

Il en est ainsi.

Cependant, une question subsiste : écrire pour quel public dans ce cas-là ?
Qui aimerait lire une âme qui trop se montre ? Qui ?

Qu'importe la tonalité de la réponse, il est essentiel de faire les choses pour soi et de tirer du plaisir dans ce qu'on accomplit.

Toute appréciation extérieure, quelle qu'elle soit, n'est que supplément.


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