Du tréfonds de nos peurs
Cette journée s'annonçait paisible pour elle.
Elle dont l'esprit vacille inlassablement entre l'envie de se relaxer et l'envie de se mouvoir.
Après sa migraine de la veille, elle s'est bien vue contrainte d'admettre son besoin de lâcher du lest.
C'est ainsi qu'elle décida à son réveil de s'absenter de tout et de prendre du temps pour elle.
"Prendre du temps pour soi ? Euh ... comment on fait déjà ?" Elle en avait perdu l'habitude.
Elle avait oublié à quoi ressemblait toutes ces choses banales mais ô combien jouissives : faire une grasse matinée; prendre son petit-déjeuner au lit; se faire couler un bain; lire un livre sous la couette; faire une sieste l'après-midi, etc.
Autant son corps lui réclamait ces moments empreints de divines tendresses, autant son esprit ne cessait de lui marteler qu'elle avait des activités plus nobles qui l'attendait telles que terminer de traiter cet énième dossier qu'elle eut l'excellente idée de ramener chez elle.
Plantée au beau milieu de la cuisine, tasse de thé à la main, tandis qu'elle s'efforçait de venir à bout du fameux dilemme, le vrombissement de son téléphone l'interrompit.
Un message matinal empli de douceur ...
C'était O. ! Le seul qui savait deviner ses galères.
Pendant qu'elle le lisait en boucle, le silence assourdissant de la pièce la plongea dans une profonde mélancolie.
Des secondes plus tard, la voilà effondrée sur l'évier, les yeux noyés de larmes.
Elle n'en revenait pas de tant de bienveillance, tant de patience, tant de générosité, tant de sollicitude ... tant d'amour !
O. c'était son ovni.
En trente printemps, elle n'avait jamais rencontré pareille espèce.
Personne ne lui avait témoigné autant d’intérêt sans que jamais ne s'y glisse le moindre penchant sombre.
Ah, la belle idylle direz-vous !
Hélas ...
En réponse à tout cela, elle à son tour se détournait de lui en l'envoyant valser lorsqu'il engageait des conversations trop sérieuses.
Elle se refusait entièrement à lui; lui qui pourtant possédait l'essentiel des qualités qu'elle recherchait.
Toutes sortes de prétextes lui étaient servis lorsqu'il essayait de questionner ses agissements.
Non mais ... qui donc fermerait la porte à la personne tant espérée ? Pourquoi ?
La peur.
Ses peurs guidaient ses choix au quotidien. Elles étaient si présentes qu'elle préféra s'adonner à l'auto-destruction dans ses relations avec les autres.
Habituée à conjuguer avec l'indifférence et l'égocentrisme des uns, elle ne pensait pas mériter un jour d’être traitée avec tendresse.
Tout cela était bien trop lisse pour elle qui n'avait su aimer qu'à travers le chagrin. Car c'était là la représentation qu'elle se faisait de cet illustre sentiment : savoir souffrir pour l'autre.
Elle avait alors peur de s'introduire dans ce schéma inconnu, bien que cela ait toujours été son plus grand souhait.
Ceci au grand dam de O. qui un jour se résigna et décida de s'en aller pour toujours.
C'est ainsi qu'au prix de ses peurs elle perdit son ovni et vécut de regrets et de rancœurs ...
Plantée au beau milieu de la cuisine, tasse de thé à la main, tandis qu'elle s'efforçait de venir à bout du fameux dilemme, le vrombissement de son téléphone l'interrompit.
Un message matinal empli de douceur ...
C'était O. ! Le seul qui savait deviner ses galères.
Pendant qu'elle le lisait en boucle, le silence assourdissant de la pièce la plongea dans une profonde mélancolie.
Des secondes plus tard, la voilà effondrée sur l'évier, les yeux noyés de larmes.
Elle n'en revenait pas de tant de bienveillance, tant de patience, tant de générosité, tant de sollicitude ... tant d'amour !
O. c'était son ovni.
En trente printemps, elle n'avait jamais rencontré pareille espèce.
Personne ne lui avait témoigné autant d’intérêt sans que jamais ne s'y glisse le moindre penchant sombre.
Ah, la belle idylle direz-vous !
Hélas ...
En réponse à tout cela, elle à son tour se détournait de lui en l'envoyant valser lorsqu'il engageait des conversations trop sérieuses.
Elle se refusait entièrement à lui; lui qui pourtant possédait l'essentiel des qualités qu'elle recherchait.
Toutes sortes de prétextes lui étaient servis lorsqu'il essayait de questionner ses agissements.
Non mais ... qui donc fermerait la porte à la personne tant espérée ? Pourquoi ?
La peur.
Ses peurs guidaient ses choix au quotidien. Elles étaient si présentes qu'elle préféra s'adonner à l'auto-destruction dans ses relations avec les autres.
Habituée à conjuguer avec l'indifférence et l'égocentrisme des uns, elle ne pensait pas mériter un jour d’être traitée avec tendresse.
Tout cela était bien trop lisse pour elle qui n'avait su aimer qu'à travers le chagrin. Car c'était là la représentation qu'elle se faisait de cet illustre sentiment : savoir souffrir pour l'autre.
Elle avait alors peur de s'introduire dans ce schéma inconnu, bien que cela ait toujours été son plus grand souhait.
Ceci au grand dam de O. qui un jour se résigna et décida de s'en aller pour toujours.
C'est ainsi qu'au prix de ses peurs elle perdit son ovni et vécut de regrets et de rancœurs ...

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